Non au “Supplice” National !!!

L’équitable, c’est le juste pris indépendamment de la loi écrite. Or, ce caractère se manifeste tantôt avec, tantôt sans le consentement des législateurs”. Aristote.
“Service National”, un terme qui ne manque pas de faire frémir un grand nombre de nos camarades étudiants, tant la perspective de la “boule à Z”, des réveils plus que matinaux, et d’un encadrement tout ce qu’il y a de plus hostile aux “abrutis qui font des études”, est susceptible de plonger le plus téméraire d’entre nous dans une inquiétude fébrile !
Et pourtant, la réalité est ainsi et ce sont près de 250 000 personnes encore concernées par cette vision sordide que ne renierait pas Saint-Jean. Et, bien sûr, ces personnes sont encore des étudiants pour la plupart. En effet, vu le code du Service National, les personnes de sexe masculin, nées avant 1979, sont incorporables à leur 18° anniversaire sauf si elles poursuivent des études. Faisons le compte : 1979 + 18 = 1997. Sauf exceptions, toutes les personnes non étudiantes, ont rempli leurs obligations militaires depuis 1997. Il ne reste plus que des sursitaires pour cause d’études supérieures. Or un tel sursis ne peut être prolongé au delà du 26° anniversaire. Quel que soit le degré d’études poursuivies, 26 ans sonnent le glas pour nombre d’entre nous. Et là… il n’y a pas de recours, il faut faire son paquetage.
A moins d’avoir obtenu un brevet de “Prépa mili supérieure” (PMS) avant 22 ans, brevet qui donne accès au corps des officiers de réserve, l’armée vous place où ça l’arrange et de préférence à l’autre bout de la France, pour mieux briser le rebelle qui sommeille en vous, du jour au lendemain, avec le grade de 2° classe, c’est à dire, dans une condition statutaire des plus exécrable, à 560 FF par mois ! Vous voilà embarqué pour 10 mois, à perdre votre temps, à “buller” 10 heures par jour tout en vous levant à 5h30, à tenter de digérer une nourriture infecte (et éviter la spongoforme bovine), à subir la haine persévérante d’un sergent plus jeune que vous, ayant au mieux le bac, et qui vit chacune de vos paroles, comme une insulte venant d’un “bac + machin”.
Bref, des jours d’arrêts de rigueur par centaines ! Encore faut-il évoquer les cotisations retraite que l’on ne paye pas, l’ancienneté professionnelle qui n’évolue pas, de la grande joie de se retrouver à 26 ans, à 12 par chambrée, sans omettre les connaissances juridiques acquises avec peine, s’évanouir comme neige au soleil, le tout sur la musique originale du “Tiens, voilà du boudin”, de “Opium, poison de rêve”, ou du sempiternel “Et par Saint Michel, vive les paras” ! A ce moment de profonde dépression, où l’on regrette amèrement les bancs durs des amphis, une seule phrase tragi-comique vient à l’esprit : “mais que diable allais-je faire dans cette galère ?”.
Comment éviter un tel cauchemar ? Très peu de solutions s’offrent à l’intéressé.
Se faire réformer P4 ? C’est une marque au fer rouge qui peut vous revenir en pleine face dans le cadre d’un concours d’accès à la Fonction publique. En réalité, il n’existe que 2 moyens pour l’étudiant lambda, minces et appréciés de façon presque arbitraire par les autorités militaires.
Le CDI : il faut prouver que votre emploi est menacé par le SN. Ce serait facile, si le Législateur, qui n’avait pas mieux à faire, n’était intervenu pour interdire à l’employeur de licencier pour cause de Service National ; et même si vous arrivez à le prouver, l’armée peut vous opposer une fin de non recevoir (susceptible de recours devant le juge). Alors pour ceux qui prévoyaient un petit contrat de travail de complaisance, c’est raté !
Les causes médicales : elles sont appréciées de façon extraordinairement sévères en fonction des multiples problèmes d’effectifs que rencontre l’armée aujourd’hui.
Ici, ça tient à la mission impossible ! A moins d’être un greffé du coeur, d’avoir un cancer, d’être totalement aveugle, d’être manchot, de porter un pace maker et d’être sujet à l’oedème de Quinckle, la réponse de l’armée, c’est NIET.
Et pour quelles raisons, mon adjudant-chef ? C’est que la “grande muette”, comme à son habitude, s’est très mal débrouillée pour faire face à sa professionnalisation future. Elle a pratiqué la politique du “on attend la dernière minute”. Résultat, elle subit des problèmes majeurs d’effectifs et n’a pas obtenu du gouvernement l’autorisation d’embaucher. Les instructions internes sont donc impitoyables, le “NE PAS EXEMPTER” a remplacé le mythique
“SECRET DE DÉFENSE”. Se faire exempter du “supplice national” tient à l’épreuve de force du pot de terre contre le pot de fer.
Malgré ce, force est de constater, un nombre sans cesse croissant de sursitaires qui se mobilise par voie de pétitions, afin de faire cesser cette situation ubuesque. Ceux-ci invoquent l’utopique principe d’égalité entre ceux nés avant et ceux nés après 1979. Il est vrai que cette
situation est totalement injuste et injustifiée. Mais, dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir contre un ordre d’incorporation, j’entends déjà l’Armée lancer le terrible : “le principe d’égalité ne s’applique qu’à situation égale” ou bien encore le célèbre “bilan coût-avantage”.
En effet, n’est-il pas dans l’intérêt de l’Etat d’utiliser des appelés du contingent à 560 FF par mois qui vont servir d’esclave, plutôt que d’embaucher, de façon temporaire, 250 000 salariés que l’on ne pourra pas payer 560 FF au seul motif de leur fournir le gîte (les matelas sont défoncés et le chauffage utilisé avec parcimonie selon mes souvenirs) et le couvert (heureusement que l’inspection sanitaire ne met jamais les pieds dans nos casernes) !
En somme, une attaque juridique me semble condamnée à faire long feu. En revanche, les élections municipales, présidentielles et législatives approchant, la voie de pétition semble demeurer “l’ultima ratio regum”, seule arme dont nous disposions. J’invite donc les personnes concernées, et même les autres (un peu de solidarité, que diable) à signer les pétitions
relatives à la suppression générale du SN. Rendez-vous donc sur les sites internet : www.donquichotte.com et www.sn.agat.net.

Jean Fremydoreur, Étudiant à la faculté

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La sécurité nationale est le cheval de bataille des services de renseignement nationaux, et il est indéniable que ces organisations disposent des moyens de surveillance nécessaires. La NSA (agence de sécurité nationale américaine) est la championne toutes catégories d’écoute des communications par tous les moyens électroniques (téléphone, fax , courriers électroniques…). Elle peut traiter 2 milliards de communications par jour qu’elle traite par
mots-clés. Un groupe de pirates, en émettant un grand nombre d’e-mails (mèls) qui contenaient les mots « president » , « United States » , et « murder » ont fait planter cette mécanique de surveillance pendant quelques heures. C’est rigolo, jusque là… Depuis la fin de la guerre froide il a bien fallu occuper le personnel de cette agence et utiliser tous ces satellites et relais de communication. Il n’y avait plus d’ennemi et en dehors de la difficulté d’écrire des
scénarios pour James Bond , il fallait trouver quelque chose à espionner. La guerre est donc devenue économique. Le problème, c’est que cette situation ne se limite pas au territoire américain. Le réseau d’écoute, nommé Echelon, est issu d’un accord secret conclu par des Etats anglo-saxons (EU, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada… et Grande Bretagne). Le réseau Echelon dispose donc d’un pied à terre en Europe. Les communications entre les entreprises de secteurs stratégiques sont donc surveillées. Un rapport du Clusif ( Club de la sécurité des systèmes de l’information française) de 1996 estime que les entreprises françaises ont ainsi perdu 1,1 milliards de francs, la DST estime elle la perte à 10 fois plus car les entreprises se taisent. En effet leurs concurrents américains seraient informés de leurs projets ou de leurs avancées technologiques par cet espion qui entend tout, qui le fait savoir au gouvernement, lequel transmet ensuite aux intéressés. La DST sort donc de l’ombre, avec sa branche « protection du patrimoine » uniquement afin de protéger les secteurs sensibles : entreprise qui « perdraient » des marchés de manière suspecte, ou dont les concurrents rattraperaient miraculeusement un retard technologique… Ainsi Airbus et Thomson auraient perdu des marchés au profit de sociétés américaines, une société allemande a été interdite
d’exercice aux Etats-Unis pour plagiat alors que c’était elle qui avait inventé l’appareil objet du litige… Alors que faut il faire : augmenter la puissance du Groupement des Contrôles Radioélectriques, les « oreilles » françaises pour lutter sur le même terrain ? Ou plutôt essayer de limiter les capacités d’écoute en Europe ? La commission des libertés et des droits des citoyens du Parlement européen s’est penché sur le problème les 22 et 23 février 2000. Elle
a organisé une audition dont le rapport (non encore traduit en français) est disponible à l’adresse suivante : http://www.europarl.eu.int/dg2/hearings/20000222/libe/fr/default.htm.
Mais il faudrait peut être plus sévère envers des alliés politiques qui sont des concurrents économiques déloyaux. Il est vrai que l'argument de sécurité nationale est soulevé à chaque fois qu'est évoqué le problème des écoutes et la limite des pouvoirs de la Communauté se trouve dans ces concepts de secret et de sécurité nationale. Certes, il existe des parades comme le cryptage 128 bits que la France a autorisé sous certaines conditions : cryptage jusqu'à 128 bits par tous moyens pour les particuliers "sous réserve que la clef soit conservée chez un tiers de confiance" ; pour les entreprises il faut que le logiciel de cryptage ait été autorisé par décret, comme le célèbre PGP (qui signifie Pretty Good Privacy).
A suivre...

Nicolas Cordier